Devenir parents, c’est se redécouvrir…

J’ai toujours voulu devenir maman, créer ma famille, mon cocon, depuis toute petite c’était mon rêve le plus fou, malgré les dires des autres personnes : “si ton rêve est d’avoir des enfants, que deviendras-tu quand ils partiront?”, “ce n’est pas un but en soi, avoir des enfants”, etc…

 

A vrai dire cela m’importait peu. J’avais envie de les éduquer, de les élever, au sens propre du terme, pour en faire des êtres avec les meilleurs capacités qu’ils puissent avoir, leurs transmettre les valeurs qui me tiennent à coeur…

Certains croirons que c’est dans ma nature de précipiter les choses, ou bien que je cours au lieu de marcher…en fait, je fais simplement beaucoup de choses au feeling, je fais confiance à mes ressentis. J’ai toujours été quelqu’un de très sensible et j’agis souvent par “instinct”. C’est vrai, je me mets rarement des limites. Pour moi, elles ne sont présentes que dans notre esprit. Ma devise pourrait être “le reste suivra”. Et effectivement, ça suit toujours…

J’ai déjà dû en faire mention dans d’autres texte mais je me rappellerai toujours de cette phrase qui m’a marqué à jamais : “ce n’est jamais le bon moment pour faire un bébé, c’est toi qui dois t’adapter et non l’inverse. Un jour tu fais des études, puis ensuite tu rentres dans la vie active, après tu dois gravir des échelons, puis tu as des responsabilités professionnelles, etc.”

J’ai été confiante en cela; par experience je sais que j’ai toujours réussi à m’adapter, à être résiliante si besoin est.

 

Je l’ai rencontré, 1 an plus tard j’étais enceinte et, nous nous marièrent dans la foulée, puis, la petite deuxième pointait déjà le bout de son nez.
Photo by Alphonse Corone

 

Seulement voilà : “on devrait donner des cours de vie aux futurs parents; on ne sait jamais qui on va devenir une fois parents” m’a dit un jour le pédiatre de ma fille.

 

Tout ce qu’on imaginait n’est pas : nos idéaux, ce qu’on pensait pouvoir faire, gérer, la petite famille parfaite… Une amie aime dire que si les femmes étaient au courant cela réduirait la natalité française ! Heureusement aussi, des choses qu’on n’imaginait pas sont là : on touche du doigt le véritable amour, le don de soi à l’état pur.

Quand je l’ai rencontré j’adorais m’occuper de tout : le travail à 100 à l’heure, la maisonnée, prendre soin de lui… Hop hop hop telle Blanche Neige et les Septs nains je suis apparue, j’ai passé un coup de balais et je me suis installée. Pour le meilleur mais aussi pour le pire.

 

En fait, depuis que nos statuts ont changé, oui, j’ai changé; d’envies, d’attentes aussi…

 

“C’est vous qui changez, pas nous !” disait en riant Burak “et après vous nous demandez de changer aussi!” Je fais tout en fonction de mes enfants et, j’ai besoin que mon mari le fasse aussi. J’ai besoin de lui dans son rôle de père mais aussi d’amant. C’est difficile de trouver un tel équilibre.

 

Avant, je pensais pouvoir continuer à tout gérer : mais la fatigue et le physique ne suivent parfois simplement pas, même à moins de 30ans ! Mais comment font les mamans de 5ans de plus ? Avant je pensais que mon métier, c’était “ma vie”, que sans, je n’étais plus. Avant je ne comptais pas mes heures au bureau; maintenant je cours pour me rendreà la sortie de crèche.

 

Je pensais pouvoir être la wonder-maman que dépeind la société d’aujourd’hui : autant femme au foyer que business woman, toujours là pour son mari, souriante, à gérer les petits tracas quotidiens sans problèmes aucuns, les nuits de réveils à ne plus finir, cuisiner maison, entretenir sa maison sans que rien ne dépasse, avec une superbe déco’ comme dans les magazines ou Instagram… Des copines pour se décharger à la “Sex and the City” ou bien “Deseprate Housewife”… une vie de famille idéale sans tâche d’encre quoi !

 

La réalité en est bien différente…
  • Depuis un mois nous voyons une psy de couple car la communication ne passe pas entre nous et que nous ne voulons pas que les petites pâtissent de nos trop fréquenes disputes conjugales, qui plus est, pour des broutilles de la vie courante.
  • Nous sommes assaillis par la fatigue, entre nos nuits entrecoupées, le boulot, les grossesses enchainées…
  • Je marche comme un pingouin, en me tenant le bas du dos comme une vieille et ait des jambonaux à la place des jambes et des mains quand il fait un peu plus chaud que d’habitude.
  • Je manque de faire des malaises à 30 degrés et ne peux marcher plus de 30min consécutivement.
  • Les moutons se sont pendant bien trop longtemps installés dans les coins, tant qu’on pourrait presque se penser dans une ferme.
  • Depuis que je suis enceinte j’ai l’impression de ne plus avoir d’amis et cela s’est accentué après être devenue maman. (Moi qui avait du mal à comprendre pourquoi mes parents “n’avaient que peu d’amis”).
  • Sortir le soir (ou sortir tout court) est devenu une mission commando ou l’ascension du Mont Evrest à lui seul, avec comme sac de rando le sac à langer (+ la poussette, la bouteille d’eau, le doudou, le lange, le bavoir, le repas, etc… et toute la maison !).
  • Les app et groupes internet de mamans sont devenus un soutient moral pour moi.
  • Avoir du temps pour moi seule est devenu un tel luxe que lorsque j’en ai je ne sais même plus quoi faire et suis perdue !
  • Je ne m’offre quasiment plus rien et craque sur des vêtements bébés, jouets et déco’ enfant hors de prix.
  • J’ai lâché l’affaire avec les petits-pots maison car ma fille n’aimait pas ma cuisine et préfère ceux que j’achète…
  • Les journées passent en un clin d’oeil et l’impression d’avoir toujours autant à faire est quotidienne…
  • En plus de devoir repasser derière ma fille pour ranger, je dois aussi passer derrière mon mari, et, bizarrement ça ne m’enchante plus autant qu’avant.
  • Les apéros entre copines ? Ca existe encore ?
  • L’alcool ? Les gueules de bois ? Les grasses mat’ ? Késaco ?
  • Chiller ? La blague !

Et je vous passe des détails…

 

Mais c’est vrai que lorsqu’on voit cette bouille, aussi souriante qu’épanouie, avancée, adorable, on se dit qu’on a quand même fait, tant bien que mal, du bon boulot. Qu’on est loin d’être parfaits, mais qu’elle, à nos yeux, le sera toujours. Et finalement, c’est bien ça l’essentiel.

 

“Tous les parents font de leur mieux”, m’a-t-on dit un jour.
Il faut savoir accepter d’être imparfait…

 

Depuis, j’ai (vraiment) pardonné leurs propres imperfections à mes parents et, nos relations ne cessent de s’améliorer. Je me dis que tout arrive pour une chose précise et ait plus conscience du cycle de la vie. J’ai appris qu’il n’y avait pas que des naissances mais aussi des morts et, que ce n’était pas forcément la fin. Le travail sur le lâcher prise n’a jamais été aussi quotidien et, se poser les questions sur les vraies priorités le devient. Petit à petit, je mets de l’eau dans mon vin et j’ai appris à ne plus en boire comme seul moyen de décompression. Ma vie est plus saine, avec plus de défis encore, et, des enjeux plus grands. Car maintenant, je ne suis plus toute seule. Maintenant et plus que jamais, nous sommes devenus responsables de la vie d’autres petits êtres.

 

“Tout ce qui survient est pour le mieux – maladie, occasions, succès, les railleries et les machinations de ses ennemis, et désappointement, le manque de compréhension de la part de ceux qu’ils aiment – tout n’arrive que pour être utilisé et tout n’existe que pour être transformé.”

 

Parce que tout a l’air tout rose de l’extérieur; mais finalement, c’est parce que le blanc est composé de toutes les couleurs qu’il a l’air aussi pur…

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