La part des choses

“Vous êtes sure que vous avez le droit de transmettre?” M’a-t-il demandé quand je lui ai donné quelques centimes de fond de poche.

Pour une raison étrange, c’est loin d’être la première fois qu’on me fait cette réflexion : cette semaine, un vieux monsieur est venu vers moi, pour savoir si je n’avais pas quelques pièces qui traînaient et, s’est excusé quand il a vu mon bidon; “je ne vous aurais pas demandé si j’avais vu!” S’est-il interloqué. Puis ce monsieur à qui nous avions donné un billet de 5€ : “le bébé d’abord!”.

Comme quoi, même dans le besoin le bébé prime. Instinct de préservation de l’espèce? Culture ? Ou tout simplement humanisme?

En tout cas, cela aura eu le mérite de me toucher; et vous savez-quoi ? J’ai encore plus envie de donner.

Avant, je pensais qu’il ne fallait pas se “couper de bras” et n’offrir que ce qu’on avait “en trop”. Je me suis rendue compte que ce qu’on a “en trop” est très large en fait; même à 1600€ de découvert, je sais que ces personnes dans la rue sont plus dans le besoin que moi, que mon bébé. Nous avons un toit, de l’amour, un salaire qui tombe tous les mois, malgré quelques imprévus et difficultés comme tout le monde, mais je n’me sens pas du tout en danger. Qu’est-ce que quelques euros par ci par là, surtout quand c’est pour aider ?

Je suis ravie que ma génération et la nouvelle à venir aille dans ce sens : le sens du partage. Plutôt que de la peur. C’est ça, qui va changer le monde. C’est ça, vivre responsable. C’est ça, l’altruisme. Je suis fière et confiante en l’avenir que nous offrons ainsi à nos enfants. Soyez-le aussi !

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