Et le couple dans tout ça ?

“Les enfants heureux passent par des parents heureux qui s’aiment”

Gilles, fondateur de l’Atelier des Papas.

 

L’arrivée d’un bébé dans la famille est toujours une épreuve et, on ne s’en rend vraiment compte que lorsqu’on le vit. Pourtant, on nous prévient du “tsunami” et, je me rappelle moi même avoir pensé “comment les couples peuvent-ils se séparer juste après avoir fonder une famille”? C’était totalement ridicule pour moi, insensé ! Pourquoi tout casser après avoir construit ? C’est pourtant le cas d’un couple sur 3 à Paris et, après l’avoir vécu de près je peux vous dire que je comprends comment cela est possible maintenant !

 

C’est vrai, l’arrivée d’un bébé chamboule tout; nos habitudes, notre quotidien, en commençant par le rythme et bien souvent les non-nuits !

 

D’abord l’accouchement est une épreuve physique duquel il faut se remettre, n’oublions pas qu’il est comparé à un véritable marathon ! Du mien je garderai en mémoire 7h d’affreuses souffrances de contractions avant la péridurale (délivrée!) et d’une nuit blanche certainement dûe à toute l’adrénaline qui circulait dans mon sang, avant d’expulser bébé en 5 min chrono tel un bouchon de champagne par peur de l’épisio’, ce qui me causera une petite déchirure (je m’en sortais bien).

 

Résultat des courses : en vrac de la tête (cervicales) aux pieds (chevilles) avec un bassin complètement biscornu, le tout remis en place par des séances d’hosto’. Impossible ni de marcher correctement, ni de m’asseoir correctement… Et avec bébé : impossible de manger correctement, de dormir correctement (de prendre une douche normale ou même d’aller aux toilettes seule)…!

 

Il y a les gros dormeurs et les autres : on s’en rend vite compte dès les premiers jours de vie du nouveau né. Lou faisait partie de cette deuxième catégorie…

 

Personnellement, j’ai allaité 4 mois et j’ai été très fusionnelle avec ma fille, en excluant presque le Papa. Je me suis vite oubliée en la mettant elle en priorité suprême. Pour le coup, du don de soi à l’état pur; mais c’était trop. J’ai pété un cable après ces 4 mois et devinez quoi : j’étais de nouveau enceinte. J’ai d’abord pris ça comme si le ciel me tombait sur la tête, j’avais tellement donné d’énergie que je me sentais vidée, amorfle. Eh bien finalement, c’était plutôt une bonne chose (of course) : ma 2e m’aura permis de relativiser.

 

J’ai laissé plus de place au Papa, à la famille aussi, que Lou adore ! Sa Grand-Mère, son Papy, ses grandes tantes et ma cousine… Je la sent beaucoup plus autonome et épanouie ! J’ai confié ma frustration au pédiatre qui m’a dit que c’était la chose à faire; que le Papa est là pour couper le cordon, que la fusion est nécessaire mais que la défusion aussi, pour permettre à l’enfant de grandir par lui même. Nous avons un rôle d’accompagnant, nous devons le laisser faire lui, en tant que personne et non comme un bout de soi ! Pas si évident que ça en tant que maman. Surtout avec un premier bébé.

 

Alors pendant ces 4 premiers mois plus rien n’existait à mes yeux, sauf ma fille. Le Papa n’était que son père biologique, que je croisais de temps à autre. Puis je n’ai plus suivi physiquement et il a commencé à prendre le relais et, à ce moment là, nous étions tous les 2 focus sur elle. Entre le boulot et le bébé en bas âge, je n’ai presque pas suivi le cours de ma grossesse et ce fut encore pire au niveau du Papa, qui ne la vit même pas de l’intérieur !

 

Alors forcément, ça a commencé à se gâter sévère… Entre l’épuisement mutuel, les hormones, mes nouveaux besoins, ceux de Lou, mon état physique et psychique, ce rythme crèche-boulot-crèche-bibilanuit-dodo-bibilematin-crèche-boulot….infernal, ça n’aidait pas.

 

On ne s’est pas juste oublié nous même, on a aussi oublié le couple.
Petit topo


Moi avant bébé : bonne vivante, je sortais beaucoup, voyais beaucoup mes amis, travaillais beaucoup et, dans l'événementiel, buvait beaucoup, fumais beaucoup, partait en week-end par ci par là pour décompresser de ces "beaucoup" ! A la parisienne quoi ! J'ai vécu à Paris et à New York, alors je vous laisse imaginer du rythme. Alors oui, en plus de ça je gérais la maison et tout le tralala et, j'étais persuadée que ça allait continuer comme ça...

Lui avant bébé : il vivait de sa passion, sans "travailler", et mangeait grâce à son butin de prêt étudiant qu'il n'a finalement pas dû utiliser pour ses études. Adorant se prélasser au lit toute la journée, quand il ne donnait pas de cours de yoga dans l'asso' dont il faisait partie, en mangeant des chips et regardant des vidéos de youtubeurs en vogue.
Alors oui, il était présent pour moi, à tout moment. Ca nous arrangeait bien.

 

Entre les hypersomnies de ma 1ère grossesse et les maux physique de ma 2e, j’avais besoin de soutient, plus qu’à tout autre moment : sauf qu’à la première le rythme à changé du tout a tout car je ne pouvais plus rien faire et lui à dû se bouger, et, à la 2e c’était un peu pareil mais avec le bébé à gérer en plus ! Autant vous dire que fini les apéros et le chilling, maintenant c’était biberon-on-couche-bébé-et-au-dodo ! Alors déjà qu’avec un bébé le couple en prend un coup, mais avec 2 bébés à la suite, je n’vous en parle pas !

 

Mais finalement dans cette course effrénée, on a tendance à oublier que l’équilibre du couple joue aussi un rôle primordial dans l’équilibre familial, comme, il est primordial de se sentir bien soi pour être bien dans son couple ou avec autrui. Le tout est de s’en rendre compte assez vite pour palier à ce manque, réussir à communiquer, sur ses nouvelles attentes, ses besoins, ses envies.

 

“Si chacun des parents donne de l’amour respectivement à leur enfant sans jamais montrer leur amour l’un envers l’autre il va manquer une pièce au puzzle car les enfants tentent en permanence de ranger les informations reçus et veulent au final obtenir une image claire.” Gilles dans son article “Futur Papa, quelle vie de couple ?”

 

Le parrain de notre fille a très bien résumé la situation : “ton mari a très bien pris en compte son rôle de Papa mais a oublié son rôle d’amant”. Mais il n’y a jamais qu’un fautif dans le couple. Il faut savoir se réserver des espaces privilégiés, à deux, comme lorsque nous nous privilégions un espace à soi, en couple. Ce, même si on est fatigué, car on a vite fait d’être hâpé par tout ça, restant en mode automatique et, un jour sans qu’on ne se rende compte de rien, boum. Il faut se dire que tout parent passe par cette phase et surtout, que ce n’est qu’une phase, comme tout. A partir du moment où on prend soin de s’en rendre compte et de rétablir le cap comme il faut !

 

D’abord apprendre à vivre seul, puis, en couple et, s’ajuster toujours à chaque arrivée…

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