Le grand tri : ou quand le minimalisme s’impose à votre vie

Tout a commencé il y a quelques années, lorsque j’allais partir à 5.836,78 km – exactement oui – d’ici. J’avais décidé, d’une envie irrépressible, de partir terminer mes études à New York City. Ma mère m’a de suite demandé de revenir à la maison familiale, la débarrasser de toutes mes affaires… Ce que j’ai très mal pris au début, me sentant complètement larguée de la maison de famille du style “chouette elle s’en va ! Utilisons sa chambre pour faire une chambre d’amie !”, ce qu’elle fit… Mais avec du recul, ce fut une excellente chose !

 

 

Le tout premier gros tri de ma vie

 D’abord, cela m’a permis de me rendre compte à quel point on peut accumuler d’années en années, sans même s’en rendre compte ! Au début, le tri a été assez difficile car la barrière psychologique était présente : souvenirs d’école, anciens cahiers, lettres échangées, peluches d’enfance, etc.

 

Un super article d’Alison Hodgson en parle très bien ; Désencombrement : apprenez à vaincre les 4 principaux obstacles.  

 

Mais je n’avais pas beaucoup de choix étant donné que je n’avais plus d’espace de stockage ! La phrase qui m’a beaucoup aidée fut celle de ma tante : “chérie crois moi, tes goûts vont changer quand tu reviendras, tu te demanderas même comment tu as pu garder ça.” Et elle avait raison ! Pour m’aider elle m’avait glissé l’idée d’organiser une sorte de vide grenier lors d’un rassemblement familial, c’était l’été, et, les sous servirait pour mon voyage, une très bonne idée car la famille voulant aider, s’est prise au jeu ! Résultat des courses : j’ai élagué la moitié de mes affaires…et ça donnait un bon tas de gros cartons croyez moi ! Mon beau père a rajouté : “tu vas voir ça libère, c’est fou comme les objets nous emprisonnent parfois”. Je me sentais beaucoup mieux et libre de partir léger… Mon espace mental était libéré… 

 

 

Phase 2 : l'aménagement

Quand je suis rentrée sur la capitale de l’amour, j’ai trouvé le mien, mon futur mari. Je ne le savais évidemment pas encore mais ce jeune homme libre, rêveur, insouciant et optimiste allait bouleverser le cours de ma vie… Je n’avais pas de chez moi et je me suis vite installée dans son petit studio de la même petite banlieue chic que mon père. Lui (mon père) en profita pour me dire que j’avais des affaires qui trainaient dans la cave. Je n’me suis cette fois pas sentie “virée” ni “agressée” car cela partait du sentiment d’aide à l’emménagement. Il se disait que j’avais certainement des affaires qui pourraient aider. Or, j’avais déjà vécu sans des années sans en avoir recours… Du coup, en moins d’1h une dizaine de cartons est venue s’ajouter à ce petit appartement. Heureusement, nous avions une cave (le piège !!!). J’en ai tout de même profité pour faire un tri et hop, 2 énormes cartons de fringues (presque neuves !) de mon adolescence à donner.

Lorsque j’ai mis un pied dans cet appartement d’étudiant, la première chose qui m’a choquée fut (après la saleté raignante et les plantes mourantes dans la cuisine) son manque de vie. Des livres à même le sol, un lit sans couette ni oreillers, pas de placards à part ceux intégrés, une lampe posée à terre et juste ce qu’il faut d’assiettes et de couverts pour pouvoir manger. Le lendemain, j’avais même appris qu’on pouvait faire une tasse de café avec une simple dosette et de l’eau bouillante (sans cafetière !!!).

Alors quand j’ai emménagé, en ramenant mes petites affaires et fesses, je me suis empressées de venir accompagnée de mon armoire (ce qui engendra bien des conflits, mais au final, elle fut acceptée). J’ai vite remis de l’ordre dans tout ça et, ahhhh, ça ressemblait vraiment à un espace de vie, au final !

Apparement, il prônait le minimalisme. Perso’ je pense que c’était plus du “je m’en foutisme”, un peu comme Steve Jobs qui n’a jamais pris le temps d’aménager son chez lui car il avait d’autres préoccupations. Ce qui n’est pas plus mal, certes.

 

 

La goutte d'eau

Un an et demi après nous emménagions sur papier ensemble dans un deux pièces non loin de là, car nous avions décidé d’avoir un enfant ensemble. Ce fut le pire déménagement de ma vie ! Enceinte et crevée, j’ai dû faire les cartons presque seule et je ne vous raconte pas la galère des allers retours en voiture simple car nous n’avions pas prévus de camions, plus les 4 étages sans ascenseurs à l’arrivée ! Sans compter les engueulades classiques et le stress que provoque un tel événement. Le dernier jour évidemment, j’ai eu des contractions et me suis mise à pleurer dans la rue : mes nerfs lâchaient. En ce jour, je me suis promis : “plus jamais”.

Sauf qu’un an et demi encore plus tard, rebelote ! Deuxième bébé. Il nous fallait une pièce en plus, une vraie chambre pour nous, étant donné qu’on avait réservé la seule chambre pour notre chérie. Marre de dormir sur un clic-clac détruisant notre dos, et, de tout faire dans la même pièce (qui était cuisine, salon et chambre à la fois).

Cette fois nous fîmes appel à des déménageurs en “all inclusive” : la “formule confort” ils appellent ça. Ils viennent avec leurs cartons, vous emballe tout et livrent tout dans la journée ! Un luxe pas si cher et qui en vaut la peine : pas de disputes ni de stress et beaucoup moins de fatigue et tensions !

On avait décidé de faire un grand dressing dans la buanderie; c’était parfait ! On y aurait exposé toutes nos fringues sans encombrer la chambre et, l’armoire (trop grosse pour passer els escaliers) servirait de chiffonner dans la salon. Seulement voilà : après plusieurs disputes concernant le prix du dressing et nos différentes façons de voir les choses, ça commençait à me gaver grave. Alors quand le dressing est arrivé et qu’on a découvert, en plus des 2 cm de hauteur de plafond qu’il manquait, un dégât des eaux dans la fameuse pièce qui devait l’accueillir, j’ai craqué. Bye bye dressing, on te renvoie chez Leroy Merlin, on se fait rembourser, on prend 2 commodes basiques Ikea que j’ai fait repeindre et basta ! Le mois à ranger des centaines de cartons de la cuisine à la chambre de ma fille m’avait déjà gonflé ! Gros craquage !!! Du coup, big tri.

En 2 semaines j’ai donné 6 cartons + 2 énormes avec marqué “à vendre” dessus qui trainaient depuis 1 an; tant pis pour les vêtements de luxe achetés une blinde, au moins, ils allaient faire des heureuses et servir à ceux qui en ont besoin au lieux de moisir ici ! J’ai aussi donné tous les cadeaux que ma fille a reçu dont nous ‘avons absolument pas besoin, des fringues bébé jamais portés encore avec étiquette, de jolies robes à moi en taille 34-36 (je me suis finalement fait une raison; non, ton corps à changé bichette, jamais tu ne rentreras plus là dedans et c’est tant mieux quelque part !), des chaussures que je ne portes presque jamais car en fait je fais un roulement avec les 2-3 mêmes confortables et pratiques paires, j’ai vidé les t-shirts ringards et d’ados de mon mari sans lui demander la permission, ses boxers dont l’élastique se distandait, les vieilles chaussettes dont la saleté ne partait même plus au lavage, de jolis foulards que je ne portais jamais… Ca m’a fait un bien fou et la maison respirait enfin ! J’ai ressenti un bien-être intense à voir le sourire des personnes qui venaient chercher leur bonheur dans ce fouillis d’affaires sympas et, ce qui restait je l’ai mis aux encombrants (qui ont lieu tous les mardis chez nous et, généralement les gens se servent d’eux même avant le passage des camions).

 

 

Aujourd’hui je n’ai toujours pas fini le tri car il me reste encore 6 petits cartons à vider : encore des fringues et le coin bureau. Je n’hésite pas à donner des stylos qui “peuvent toujours servir” ou des souvenirs que la famille nous ramène de vacances. Le geste m’a déjà fait énormément plaisir et je garde ce souvenir en moi. Je ne me permets de ne garder que les affaires que j’aime vraiment, selon la méthode de Marie Kondo, que j’avais déjà intégrée intuitivement.

Dans la foulée de ma démarche (Cf mon article “Consommer responsable“)  j’ai investi en plus dans des petits carrés de lingettes démaquillantes lavables en coton bio et j’achète tous les apéros en vrac. J’ai investi dans des contenants de chez Galipoli Fabrique (dont je vous parlerai dans un prochain article) pour fabriquer moi même et sans contrainte mes produits ménagers ! Je me sens plus respectueuse de l’environnement, plus sereine, moins encombrée dans la tête et je respire enfin chez moi ! Après avoir vécu plusieurs années dans de petits espaces encombrés, je peux le dire : je revis !

 

Et tout ça avant l’arrivée de bébé Jude, n’est-ce pas parfait d’inculquer ça à nos enfants ?

 

Je vous conseille le groupe Facebook “Être une famille minimaliste“, créé par Eloïse Weiner du blog “it’s a mum’s life“, où l’on peut retrouver tout un tas de photos avant/après, des conseils et techniques de personnes tendant vers ce mouvement.

Comments · 2

  1. Tu as eu de la chance d’avoir dans ta famille des gens qui t’incitent au tri quand tu es partie à l’étranger. Dans la mienne il y a plutôt la notion de “ça peut toujours servir”. Heureusement je me suis “formée” seule et donc j’arrive pour le moment à ne pas me faire envahir, ce qui, quand on emménage dans 90m² n’est pas si simple ! Mais oui, les greniers / cave / débarras sont un vrai piège, on entasse loin des yeux, loin du coeur, alors que c’est souvent des objets que l’ont ne veut plus, sinon ils ne seraient pas si planqués.

    1. Tout à fait d’accord avec toi ! Oui, après ma mère et mon père “entassent” aussi comme tu dis; mon père adore chiner des petits objets et en ramène aussi avec ses débarras (il a une boite de ménage)…! Ma mère adorait collectionner tout un tas de carafe et babioles : un jour où elle était en vacances on beau père en a profité pour trier, il y avait des ustensiles de cuisines par triples et parfois même encore avec l’étiquette ! Après quand on a une grande maison comme eux, ça s’entasse vite aussi dans chaque recoin…! Vigilance donc 🙂

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