Le pire jour de ma vie

En 2009 J’ai eu mon 1er fils né à terme en césarienne en urgence à cause du cordon qui était autour du cou ( rien d’anormal ) je l’ai mal vécu mais ça reste malgré tout un de mes plus beaux souvenirs…

Suite à ça, en 2015, je tombe enceinte mais, malheureusement, à 2 mois de grossesse je perds le bébé. J’ai mis quelques mois à m’en remettre. Puis j’ai décidé de prendre soin de moi car j’étais trop focalisé sur une nouvelle grossesse; je me suis donc prise en main et je me suis mise au sport.

Au mois d’avril 2016 j’ai appris que j’étais enceinte; nous étions heureux !  Néanmoins, on était quand même stressée de peur de reperdre cet enfant tant désiré. La grossesse se déroule parfaitement mais au fond de moi je sens que quelque chose va se passer. Il m’arrive régulièrement de dire à ma mère qu’on ne se reverra certainement pas; je ne me vois pas dans le futur avec ce bébé.

Le 28 novembre je perds le bouchon muqueux et je commence à avoir des contractions assez douloureuse. Le 29 je passe un scanner pour voir si je peux accoucher par voie basse. Le 30 les contractions sont de plus en plus douloureuses : on décide donc d’aller à l’hôpital.

J’arrive à la salle d’accouchement : on commence à m’osculter je ne suis ouverte qu’a un ou deux; j’ai donc le temps avant l’arrivée de mon petit chou ! On me fait prendre un bain puis on me pose la péridurale. La sage-femme essaie de percer la poche des eaux; elle n’y arrive pas. En pleine contraction, le gynécologue de garde me fait un toucher du col (ce qui me fait hyper mal et qui entraîne donc une grosse dispute avec la sage-femme) suite à quoi le gynécologue décide de me faire une césarienne en urgence car le cœur du bébé ralenti dangereusement. Je demande s’il est possible que mon mari soit avec moi pour qu’il puisse au moins profiter de la naissance de son second fils – chose qu’il n’avait pas pu faire pour le 1er – on me dit que oui, on m’amène au bloc opératoire et c’est là que tout bascule : je suis prise de vomissements, je ne vois plus rien autour de moi et je perd connaissance.

Je ne me réveille que le lendemain en réanimation, et là, j’apprends que j’ai fait une embolie amniotique avec arrêt cardiaque, que mon fils ne respirait pas et convulsait à la naissance, qu’il a été transféré d’urgence dans un autre hôpital, que son pronostic vital est engagé ainsi que le mien…!

On m’annonce aussi que j’ai fait une hémorragie de l’utérus et qu’ils me l’ont enlevé. Sur le coup je ne réalise pas tellement car j’étais sous morphine. C’est bien plus tard que mon corps et ma tête on compris.

Je suis sorti de réanimation 6 jours après et j’ai pu rencontrer mon fils une semaine après sa naissance.  Lui aussi était en réanimation et à partir du moment où nous avons pu être ensemble nous avons évolué tous les deux de façon similaire.

Nous sommes sortis 2 semaines après sa naissance ça reste pour moi la pire expérience de ma vie.

Aujourd’hui, je commence à peine à remonter la pente. C’est dur par moment; j’ai eu des journées affreuses où j’ai dû faire le deuil de mon utérus et vivre avec l’angoisse que mon fils ait des séquelles. Pour être honnête j’ai même pensé au suicide tellement ce fut difficile.

Maintenant je vais beaucoup mieux. Le fait de voir que mon fils va bien me remonte le moral; je sais néanmoins que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’être de nouveau comme avant.

 

Dans les cas similaires, 80% des bébés et mamans sont morts durant l’accouchement.

 

Delphine, maman de deux garçons, 8ans & 7 mois et demi.

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