Lettre à moi même

À toi la petite fille que j’ai été. Toi qui n’a pas vu ton Papa les premiers mois de ta vie. Toi qui ne s’est mise dans ses bras qu’au moment où il a arrêté de boire; à tes 6 ans en fait ? Peut-être parce que tu le sentais, ou peut-être même parce qu’il oubliait certainement dans ces moments là.

À toi la petite fille timide qui n’avait pas d’amie les 2 premières années de maternelles, jusqu’à ce que Maman te change d’école. À toi qui a cherché l’amour dès le plus jeune âge, certainement car tu recherchais celui de tes parents ? De ta mère qui n’était, pour toi, jamais là ? Tu ne savais pas encore que plus tard, eux aussi évoluerons, que vous vous raconterez des choses, arriverez à parler et toucherez même du doigt une certaine complicité.

À toi qui a une famille extraordinaire et soudée. Deux tantes formidables et un oncle cool aussi. Des cousins que tu prendras comme tes frères et sœurs. Un grand-père que tu as adoré et un autre que tu n’auras presque pas aimé. Deux grand-mères géniales.

Toi qui était contente de savoir tes parents divorcés car tu les voyais tout simplement plus. Toi qui aimais te promener seule, trouver des trèfles à 4 feuilles et regarder le ciel avec ton tigre en peluche que tu tenais par la queue. Peut être étais-tu en recherche de chance ? Ta maman t’avait dit que ça la portait… À toi qui chantais des chansons avec ton frère dans le bain, qui construisais des maisons en lego et, inventais des circuits voiture dans toute la maison.

À toi la fille brillante qui a fait des études de com´ à Paris, avec des nanas qui se crêpaient le chignon à longueur de temps, puis à New-York où tu rencontreras une vraie famille; les meilleurs amis que tu n’auras jamais eu auparavant. Les meilleurs souvenirs de ta jeunesse.

Tu y vivras l’expérience que tu cherchais, celle qui te fera grandir. Tu ne savais pas à ce moment que tu allais te faire agresser, vivre l’une des pires expériences de ta vie, mais aussi la meilleure, celle qui te fera passer du statut de jeune fille à future femme et qui te permettra de le trouver.

Grace à ça tu sauras faire attention, ta naïveté, un bout d’enfance envolé te permettra de rencontrer ton mari, le père de tes enfants. Avec lui tu voudras fonder une famille mais tu ne savais pas encore ce que cela impliquait réellement.

Les heures de don de soi à n’en plus finir, à s’oublier complètement. Les heures de sommeil à jamais perdues, et les grasse matinées envolées. Tu connaîtras là, l’amour d’une mère pour ses enfants; un amour puissant qui te montre que tu te trompais avant, non, tu n’avais jamais connu le vrai. Tu deviendras la maman comblée de deux adorables petites filles, belles, dans tous les sens du terme.

Tu ne savais pas à ce moment que tu devrais faire un autre deuil; celui de ton corps de jeune fille. Celui qui t’a permis tant de chose plus jeune. Celui que tu utilisais en usant de ce petite sourire en coin. Maligne tu étais…

Tu croyais que les divorces et la perte de libido, Ca n’existait que chez les autres ou dans les films; d’ailleurs tu ne comprenais pas réellement parce que toi tu croyais en l’amour toujours, le vrai, le véritable amour. Tu ne savais pas que cette expérience pourtant si magnifique pouvait être si insupportable.

Tu ne sauras d’ailleurs pas comment t’en sortir. Tu verras ton couple se déchirer, essayer de se réparer, tu laisseras couler toutes les larmes de ton corps en voulant abandonner, tu essayeras de te secouer, de le secouer. Pour ton idéal, pour tes filles, et pour respecter la promesse que tu t’étais faite enfant. Non, pas celle de la cigarette; celle où tu disais que toi, tu “ne divorceras jamais”…

À toi cette femme qui a toujours su être forte, même quand tu avais l’impression de perdre pied. Sèche tes larmes, car tout arrive pour quelque chose. Surtout, le meilleur reste à venir…tu ne le sais juste pas encore.

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