Le contentement

Photo by Fernando reyes via Unsplash

 

Cet article est, sans l’avoir planifié, de circonstances; vous allez rapidement découvrir pourquoi. 

 

J’ai revu aujourd’hui quelqu’un que j’affectionne tout particulièrement. Nous nous sommes vus, comme généralement, dans le cadre du boulot, tout comme lors de notre rencontre.

Lorsque je l’ai rencontré, je l’ai trouvé grand, intelligent et plein de charme. Il avait ce truc qui me plaisait tant chez un homme : il était entrepreneur. Nous partagions des valeurs que je découvrirai plus tard comme communes.

Un jeu de séduction s’était engagé et je n’avais pas osé lui dire que j’avais quelqu’un, depuis récemment, dans ma vie. Par peur de “le perdre”. Je le lui ai avoué au 3e rendez-vous, pour ne pas le blesser. Alors nos rapports se sont arrêtés au professionnel, avec, pour ma part du moins, cette part d’admiration, d’amitié, de confiance et de bienveillance.

“Tu sais, je suis amoureux de toutes les femmes alors je me raisonne.”

Je connaissais bien ça. Il me ramenait quelques années en arrière; moi, étudiante à New York, disant à une de mes dates “I can’t be with you, I love men too much”.

“Une fois que tu as mis le doigt dans l’engrenage tu ne sais pas où ça peut te mener. Il y a d’autres choses à partager, qui ont de la valeur.”

Je ne sais pas comment la conversation à mener à cela, j’étais trop préocupée à ressentir cette sensation que j’avais presque oubliée, qui m’avait tant manquée; ce trop plein d’amour qui vous dit que vous êtes juste bien, là, maintenant. “It makes my day”, comme on dit.

Je revoyais mon conjoint à travers sa dernière phrase, avec laquelle j’étais plutôt d’accord :

“Je pense qu’il faut apprendre le contentement.”

On peut passer toute sa vie à imaginer ce qu’elle pourrait être si nous avions fait d’autres choix, pris d’autres voies (Cf “Mister Nobody”). Seulement, ce n’est pas telle ou telle personne, voire institution, qui nous rendrait plus ou moins heureuse. Je pense que nous choisissons déjà avec nos critères personnels primordiaux, avec une certaine balance et, que nos choix correspondent à nos besoins du moment.

Bien sûr ce ne peut être LA personne de nos rêves ou LE job de notre rêve, car l’idéal en tant que tel n’existe que dans notre imagination. Néanmoins, on peut travailler ensemble pour s’y rapprocher, communiquer, faire des compromis, voir les choses sous un autre angle, prendre ce qu’il y a à prendre et surtout; donner.

Une phrase qui m’a particulièrement marquée et touchée lors du mariage d’un ami était celle du prêtre qui les mariait : “vous promettez de faire tout votre possible pour rendre votre époux(e) le meilleur possible, donner pour l’élever et le rendre bon”. C’était à peu près ça. J’en ai pleuré. C’était la clef. 

Je pense en effet que pour chaque choix que nous faisons, nous avons des responsabilités. Des responsabilités non verbalisées, comme un contrat sous-jacent et inconscient (Serge Hefez en parle dans son livre “La Danse du Couple”) comme le fait de devenir parents par exemple, vis à vis de nos enfants, et, certaines signées (lors du mariage par exemple, vis à vis de son époux(se)).

La série “Travelers” de Netflix m’a également fait pensé à ça. — Oui je philosophe souvent sur des séries alors que la thématique première ne parle pas de cela. – Dans la série, des voyageurs du futur viennent dans le corps de personnes qui vont mourir, au même instant, par éthique et surtout pour ne pas trop modifier le futur. L’un de leur protocole étant de ne pas penser au futur (donc à leur passé à eux) et, un autre, de prendre le cours de la vie de la personne qu’ils ont pris comme hôte. Ne pas trop penser ni au futur, ni au passé, afin de ne pas ressasser ni s’angoisser. Faire les choses au jour le jour comme conseillé si spirituellement chez les alcooliques anonymes (vous vous demandez peut-être comment je le sais mais c’est une autre histoire) et, se réjouir de chaque victoire nous menant à notre but ultime. Être là, ici et maintenant, tout simplement, en pleine conscience.

 

Demain, c’est la Saint Valentin.

J’aime moi aussi profondément plusieurs personnes (qui se comptent sur les doigts de la main, en dehors de ma famille) et j’accueille cet amour avec bienveillance et reconnaissance. Je pense que c’est une grande force et que l’amour peut se ressentir pour plusieurs personnes à la fois (jusqu’à arriver à l’Amour avec un grand A, le tout). Je fais confiance à la vie et je me fais confiance; j’ai choisi d’être avec mon conjoint, de devenir sa femme, d’avoir deux enfants avec lui. De construire avec lui. Ma famille, mon cocon. Alors oui, parfois c’est difficile, parfois il y a des conflits (surtout avec deux grossesses d’affilées et deux bébés en bas âge, les non-nuits et tout le tralala, en plus du fait de devoir vivre au quotidien avec l’autre), parfois ça part totalement en vrille ! Mais lorsqu’on voit le résultat de tant d’efforts mutuels dans le même but qu’est de rester soudé, de travailler sur le don, sur des valeurs comme la compassion, l’entraide, l’écoute, la bienveillance et la compréhension d’autrui, on se dit qu’on ne s’est pas trompé(e) et, que pour rien au monde on y mettrait des “si”.

Alors, peut-être existe-t-il dans une autre dimension, une autre moi avec un autre quelqu’un, et, j’espère qu’elle aussi sera heureuse.

Ce n’est pas l’extérieur qui façonne notre vie, c’est bien nous.

Comments · 3

  1. Moi aussi je connais cette idée de faire un jour après l’autre qui vient des alcooliques anonymes, et je trouve que c’est tellement tellement une clé du bonheur. En ce moment d’ailleurs, je lis le livre d’Eckhart Tolle : Le pouvoir du moment présent. Cela confirme définitivement cette idée.
    Très bel article en tout cas :’)

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