Les animaux morts

Photo by Yulia Vambold via Unsplash 

 

Cette nuit j’ai fait un drôle de rêve. Je me promenais dans un magasin de type « Jardiland » et réalisais d’un coup que j’avais laissé mourir plusieurs animaux domestiques que j’avais laissé en cage (un furet, un lapin…) dans la chambre de mes filles, tout simplement en oubliant de les nourrir, en oubliant qu’ils étaient là. Terrifiant.

 

Etait-ce là l’image de ma vie en ce moment ?

Une vie où je coure tellement à gauche à droite pour essayer de concilier maison, famille et boulot (et finances au passage) pour finalement ne réussir à m’y retrouver nulle part. Laissant mon corps et ma santé en pâtir. N’étais-je pas assez (ou pas du tout) à l’écoute de mes besoins primaires ? Etais-je frustrée de ne pas pouvoir prendre soin de mes filles comme je le voudrais ? Certainement.

Il y a quelques semaines, je me décidais d’aller — enfin — chez le médecin, car je n’en pouvais plus. Verdict : 8 de tensions et un avertissement. Elle a voulu m’arrêter m’expliquant (comme ma sage femme me l’avais déjà dit) que j’étais épuisée. La cause ? Le surmenage.

« Vous avez deux bébés en bas âges, rapprochés, qui ne font pas vraiment leurs nuits, vous n’avez pas encore pu récupérer de vos accouchements que vous retravaillez déjà et, dans l’événementiel et, pour couronnez le tout, faîtes près de 3h de transports par jours et vous vous posez des questions ? »

Oui, je m’en posais car ça n’avait vraisemblablement l’air de choquer personne, ni même mon mari. Certainement un problème sociétal.

La Wonderwooman est maintenant devenue un classique.

Une femme qui n’arrive pas à gérer foyer famille et boulot en même temps n’est pas digne de ce nom. Faites donc le test en prétendant être maman au foyer lors de discutions et vous verrez. Pourtant, ce job à plein temps est bien souvent plus difficile que la plupart des « vrais » jobs.

J’avais mal partout — spécifiquement au bassin, tout le long de la colonie vertébrale et aux cervicales — et perdu pas mal de poids, j’étais fatiguée avec une envie de dormir en presque permanence mais je ne pouvais pas, ni financièrement, ni moralement, m’arrêter de travailler : j’avais des responsabilités à tenir, et au boulot, et au niveau du budget. Surtout, je venais de sortir de 6 mois de congé maternité et nous venions de nous remettre financièrement de plusieurs mois difficiles. Dans quelques jours, il y aurait les vacances et je serai de nouveau d’aplombs. Oui, mais pour combien de temps ?

Je savais pertinemment que ce n’était pas une situation pérenne.

Mes patrons n’ayant pas acceptés de me donner un jour de télétravail, il me fallait réagir. Lors de mon congé maternité, l’idée de changer de métier m’avait traversé l’esprit. Oui, mais pour faire quoi ? Qu’est-ce qui me plait et m’intéresse vraiment ? Qu’est ce qui me fait vibrer ? Changer de métier ou de secteur ? Lancer quelque chose ? Un nouveau projet ? Avec quels moyens ? Faire un bilan de compétences peut-être ? Trouver un travail plus proche ? Passer au 80% ? Suis-je prête à être moins payée ? Beaucoup de questions qui restaient sans réponses. Finalement, un moment d’introspection est peut-être bienvenu. Ne dit-on pas de l’hiver qu’il est propice au retour à soi et la l’introspection, au moment où la nature se régénère et prépare les bourgeons du printemps ?

Comments · 4

  1. “Maitresse hors-pair, âme-soeur, bosseuse en or, mère, femme, soeur.. tu peux pas, tu peux pas, tu peux pas, tu peux pas..” Cette chanson de Ben Mazué, -La femme idéale- est décidément une chanson que tu dois écouter. Bon courage 🙂

        1. Merci Justine, ta petite surprise me touche beaucoup !
          C’est un très joli cadeau d’anniversaire (eh oui, presque 30ans maintenant…!) que tu me fais là 😀
          Je t’embrasse

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